Dimanche 14 juin 2009

Chers Françaises, chers Français, et étrangers ayant le droit de vote par je ne sais quel moyen malhonnête,

 


      J'imagine votre grande déception la semaine dernière lorsque vous êtes allés voter pour les élections européennes. Quand à votre grand dam, vous avez réalisé qu'il n'y avait nulle part de bulletin de l'ARCEN.


      En effet, Sigmund-Kevin Hilaire de Saint-Denis, qui avait pris le parti en main, avait décidé de ne pas présenter de candidat. Selon lui, l'Europe est une "vierge candide qui se laisse séduire par le taureau des égoïsmes transnationaux pluri particulaires protosinusoïdals."* Je respecte cette opinion, même si je ne la comprends pas ** .


      Force est de reconnaître que la campagne fut décevante, alors même que je ne suis pas citadin. Jamais nos idéaux de l'ARCEN ne furent représentés par la multitude de partis qui étaient candidats. Jamais le terme d'une Europe nationaliste ne fut soulevé. Jamais je n'entendis résonner les mots d'"Europe plus ou moins aboutie", de "souveraineté plus nationale et plus européenne", "d'une intégration désétatisée fondée sur les Etats " dans les discours des différentes têtes de listes. Aussi la nécessité de revenir en politique m'est-elle apparue de plus en plus évidente au fil du jour.


      J'ai organisé un meeting en ce sens dimanche dernier, jour du vote, pour annoncer ce retour. Je dois avouer que j'ai été débordé par le succès. Au lieu de durer deux heures, la réunion a pris toute la journée. Les nombreuses personnes présentes n'ont donc pas pu aller voter, ce qui explique le fort taux d'abstention (plus de 60%). Mais nulle inquiétude, je repars au combat pour que cela n'arrive plus.


      J’avais déjà dû mettre fin à ma carrière de Sportif. J’ai été depuis été engagé comme professeur (et non, je ne donnais pas de fessées à mes élèves***) mais voilà, le devoir m’appelle de nouveau et pas en numéro masqué. Il n’est pas question de se défiler. Tel un Tampax, je quitterai donc le corps enseignant.


      Fini la belle ville, me voilà à nouveau dans la Campagne. Je reviens dans le champ des photographes pour récolter le plus de voix possible. J’ai douté, j’ai eu peur et j’ai failli tout arrêter. Mais ces quarante jours de repli ont été bénéfiques. J’ai entendu des voix, les voix. La clameur timide, les espoirs progressifs et puis les cris assourdissants qui n’avaient qu’une seule chose en commun : demander mon retour en politique.

J’ois vos voix: « Vincent Ferdieu Président ! », « Vincent Ferdieu, c’est le mieux ! », et le fameux « Ferdieu on te veut ! »**** .


Je les ai vues sans berlue, vos marches en mon honneur, vos célébrations à ma gloire ainsi que vos appels au secours. Je ne fuirais pas mes responsabilités, sauf si elles chantent du Christophe Maé.




Je vais revenir !*****


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


*Avec une allusion mythologique, bande d'incultes. Europe au départ, c'est une belle gonzesse, qui se laisse séduire par une putasserie de taureau. Vous êtes plus aussi fan de l'Europe qu'avant, avouez...

** Pour le coup, dans les deux sens du terme.

***du moins pas les garçons…

****et bizarrement, je n’ai pas entendu les « Vincent t’es un gland !», « Vincent t’as pas de cran ! », « Ferdieu, t’es un gueux ! »

***** Fameux slogan repris par nos amis outre-Atlantique dans l’expression « I’ll be back »

Par Vincent Ferdieu - Publié dans : Discours
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