ERRATUM
Il y a deux semaines jour pour jour, ou presque, je me lançai dans ces lieux mêmes, dans une diatribe violente en vue d’écraser un misérable avorton d’offrir un débat clair et serein à un nouvel adversaire politique, Sébastien 2012. Le principal objectif de ce texte était de prouver la supériorité de mon programme politique vis-à-vis des propositions intéressantes, mais insuffisantes de mon rival. Cependant, cela a échappé à des esprits chagrins qui se sont attardés sur un point de détail aussi insignifiant que le reste de l’article était porteur de sens.
En effet, quelques jours plus tard, je recevais une interpellation sur le mur de mon compte Facebook* où un de mes amis, sans doute fort désœuvré dans sa vie**, m’indiquait que Barack Obama n’était pas le premier président américain avec un B, ayant eu un prédécesseur qui s’appellerait Benjamin Harrison, qui selon mon détracteur, aurait régné sur le pays américain de 1889 à 1893. En effet, « il es télu en 1889 », pour citer la source à laquelle se réfère mon détracteur. Je suis un homme de valeur, et je sais que la force de la politique se nourrit de la contradiction. Je sais également que la plus grande qualité d’un homme est de reconnaître ses défauts. Et bien, je reconnais ici mon erreur en ce qui concerne Benjamin Harrison, et à titre de réparation, je vais vous présenter cet homme exceptionnel.
Benjamin Harrison a dès son plus jeune âge fait preuve d’un courage à toute épreuve. En 1865, pendant la guerre de Sécession, il démontre sa grande bravoure et sa pugnacité en étant démobilisé dès les premiers combats. Ses faits d’armes resteront aussi impressionnants qu’inconnus. Il tente ensuite de se faire élire gouverneur de l’Indiana mais échoue devant la fourberie des démocrates, qui présentent un candidat contre lui rien que pour lui compliquer la tâche. Après la Guerre Civile, il finit par obtenir un poste dans le gouvernement du président Garfield. Nomination qui n’a bien sûr rien à voir avec le fait que ledit président était un ami de vingt ans du père de Harrison, et encore moins avec le fait que Garfield était un fidèle de William Harrison, grand-père de Benjamin et neuvième président des Etats-Unis.
Sans encore une fois que cela ait un rapport avec ses glorieux ancêtres, Benjamin Harrison devient candidat républicain à l’élection présidentielle de 1888. Le vote populaire désigne massivement le président sortant, Cleveland par 5 500 000 voix contre 5 400 000 pour Harrison. Mais qu’importe, ce dernier est trop fort, et il entre brillamment à la Maison Blanche en 1889****. Le jour de son investiture le 4 mars est un évènement historique qui restera à jamais dans l’Histoire des Etats-Unis. Les Américains en profitent en effet pour fêter le centenaire de l’élection de George Washington. Grâce à sa bravoure et ses faits d’armes, Benjamin Harrison sera d’ailleurs longtemps surnommé « l’homme du centenaire ».
En 1890, cet homme brillant et intrépide parcourt son pays, et prononce 140 discours en 30 jours. On ne saura jamais ce qu’il a raconté, car personne ne l’écoutait, mais tout même quelle grande performance ! Son mandat fut absolument impeccable. Il mit en place une loi protectionniste***** qui eut pour effet d’augmenter les prix et de ruiner les fermiers qu’elle était censée protéger. De même, il introduit la célèbre loi Sherman qui connut un succès immédiat : elle fut utilisée pour la première fois dix ans plus tard.
Quelques années après la mise en place de sa politique économique, la réussite était totale : toute l’économie américaine entra dans une profonde dépression. Cependant aucun lien de causalité n’a jamais été mis en évidence entre ces deux évènements, comme l’a noté un historien brillant et indépendant, Benjamin Harrison Jr******. Mais il reste surtout loué pour sa politique raciale : c’est sous son mandat que les Indiens furent définitivement chassés de leur terre pour les attribuer aux colons. De même, il fut un fervent défenseur des droits de l’homme. Le centre d’Ellis Island qu’il ouvre en 1892 était destiné à accueillir les immigrants : il fut un lieu privilégié de bastons et de conditions dégradantes imposées à toutes les personnes qui y passaient.
Benjamin Harrison était aussi un homme moral et droit dans sa vie privée. Il épousa en effet peu après la mort de sa femme la nièce de celle-ci, qui avait la moitié de son âge, et qu’il avait fait danser sur ses genoux quand elle était petite.
Tant de bonnes actions et d’idées formidables ne pouvaient que mériter une grande récompense. Aussi les électeurs permirent-ils à Benjamin Harrison de prendre sa retraite. A la fin de son mandat en 1893, le brillant Benjamin Harrison fut battu brillamment à plat couture par Cleveland son rival de 1889. On suppose que cette fois-ci, il n’avait pas su truquer les votes de la Floride.
J’espère par cet article avoir largement compensé ma faute d’avoir oublié ce prodigieux président des Etats-Unis au mandat impeccable dans mon article portant sur Sebastien 2012, et cela, malgré le fait qu’il était barbu. Il serait dommage en effet que Benjamin Harrison sombre dans l’oubli, lui qui a fait de l’incompétence un art. D’ailleurs pour les nombreuses personnes qui voudraient mettre un poster de ce génie bienfaiteur de l’Humanité inscrits dans les mémoires, j’ai la solution par ici :
Je suis Vincent Ferdieu, et j’approuve ce message.
*Qui au passage se porte très bien avec bientôt 300 amis, merci de poser la question !
**Je laisserai les autres personnes juger de ce fait. D’ailleurs, pour répondre à l’accusation de mon détracteur de répondre à la vitesse d’une « administration locale », n’est ce pas la preuve que je suis fait pour être la tête des administrations ? C’est donc un nouvel argument envers ma campagne qu’il offre et je l’en remercie.
*** D’ailleurs, l’existence de « conseillers » qui écrirait tous mes discours tient de la pure fantaisie. Tout le monde sait bien que c’est Vincent Ferdieu qui rédige l’ensemble de ses articles et directives, et pas moi !
****Ancêtre président, planqué pendant la guerre, républicain, vainqueur malgré un vote populaire en faveur de son adversaire, ça ne vous rappelle pas un autre grand président américain récent ?
*****Loi qui ferme l’économie nationale, et empêche un produit venant de l’étranger de rentrer. Exemple : Mon ventre est protectionniste, je viens de vomir le kebab de ce midi.
****** Auteur du livre célèbre, « Benjamin Harrison, ou pourquoi mon grand-grand-grand-grand-papy était un mec merveilleux et super génial », aux éditions Harrison, dépôt légal Harrison & Harrison, 2005.