Pour un BAC plus égalitaire
Comme promis, je vous transmettrai durant tout le courant de cette semaine mes six projets de réforme concernant un domaine précis qui me tient particulièrement à coeur, la Crise... de l'Education.
POUR UN BAC PLUS EGALITAIRE
De tous les sujets polémiques que j’ai abordés cette semaine, le plus problématique reste sûrement le baccalauréat, qui pose toujours aujourd’hui de grandes questions. Dans son ouvrage Le Bac c’est de la merde, Jean-François Spillner* indiquait à la stupeur générale, je cite, que « le bac, c’est de la merde ».
Et en effet, la situation de l’examen le plus célèbre de France est dramatique. 80% des Français l’obtiennent du premier coup, c'est-à-dire pratiquement n’importe qui !**
Le bac a aujourd’hui tous les maux possibles et imaginables. Il est un ascenseur social en panne, et il n’y a pas d’escaliers pour le remplacer*** ! Il est l’un des responsables de l’accroissement de l’inégalité sociale, du parisianocentrisme, du choléra, de la lèpre, de la malaria, et de la médiocrité des chanteurs français à l’Eurovision. Il est temps donc de changer, de tout repenser, et de prendre une mesure courageuse. Or qui dit courageux dit Ferdieu !
Le baccalauréat de 2012 avec une surprise pour tous les candidats. Le sujet de philosophie n’est en effet autre que « Pourquoi les réformes de Vincent Ferdieu sur l’éducation sont-elles nécessaires et efficaces ? »
J’ai donc tout un ensemble de mesures qui permettront de rendre à nouveau cet examen dynamique et attractif :
-un contrôle discontinu :
Si le contrôle continu avait posé problème, celui-ci devrait porter satisfaction. Il s’agit de prendre au hasard sept notes sur l’ensemble sur parcours scolaire de l’élève depuis la maternelle (notes de sieste comprises) qui vaudraient 50% du baccalauréat. Le but de cette introduction est de renforcer l’incertitude : les meilleurs élèves pourraient ainsi tomber sur leurs seules mauvaises notes. De même, les pires cancres pourraient avoir au hasard 7 bonnes notes sur tous leurs parcours. Aussi tout le monde serait forcé à travailler pour l’examen final, et tout le monde aurait quelque chose à y jouer.
-des coefficients aléatoires :
Les matières des épreuves écrites verraient leurs coefficients tomber au tout dernier moment. Il me paraît en effet important que dans la perspective de leur développement intellectuel et de leur épanouissement culturel, les élèves se donnent avec autant d’attention et d’opiniâtreté dans toutes les matières, sans exception. S’ils ne savent pas quelle sera la matière qui comptera le plus, ils travailleront correctement dans tous les cours jusqu’au dernier moment, sachant qu’avec de la malchance, une mauvaise note en latin coefficient 56 risque de leur faire redoubler leur année. En outre, les accusations de notations aléatoires paraîtraient hors-propos une fois que le baccalauréat tout entier sera devenu aléatoire.
Des membres de l’équipe de campagne avaient même proposé que l’on choisissait au hasard deux jours avant quel type de baccalauréat passera le candidat entre S, L et ES. Cependant cela posait des problèmes environnementaux : trop de papier pour faire le tirage au sort.
-un rattrapage plus dynamique :
Pour changer l’image de l’éducation nationale et l’image du baccalauréat de manière générale, je propose un nouveau mode de rattrapage. Plutôt que les oraux que personne ne suit et dont tout le monde se fout quelques semaines après les épreuves, qui donnent à des candidats leur bac sans aucune émotion, j’ai mieux. Il s’agirait de lancer une émission de télévisée, du genre de Qui veut gagner son bac ? ou la StarBac’****. Quatre candidats ayant échoué aux épreuves écrites seraient sélectionnés et devraient présenter au public leurs souhaits et leurs envies pour le futur. Celui-ci voterait ensuite pour celui qu’il souhaite voir obtenir son bac. La source de revenus pour l’éducation nationale serait absolument colossale, sans compter la bonne image que dégagerait une telle manifestation.
Rien que la mise en place de ces trois dispositions instaurerait un bac plus égalitaire, plus respectueux des droits de tous. L’origine sociale, le lycée de départ n’auraient plus d’influence, tout le pouvoir serait donné à la chance. Le bac pour tous, tous pour le bac !
Je suis Vincent Ferdieu et j’approuve ce message.
Un autre problème lié au baccalauréat : celui de la tricherie. Regardez attentivement cette photographie prise pendant les épreuves. On y trouve un lycéen qui a changé de place furtivement pour copier discrètement sur sa voisine, un autre qui regarde attentivement par la fenêtre les solutions que lui montrent ses camarades dans la cour, et un troisième qui essaie désespérément de se tordre les yeux pour voir sur la copie de la fille de devant. Et encore, force est de reconnaître que celle-ci se tripote les cheveux de manière bien suspecte….
*A noter pour les inconditionnels de ce blog, que Jean-François Spillner est également l’économiste reconnu que j’ai cité à de nombreuses reprises, connu pour son analyse de la crise notamment : « L’économie en ce moment, c’est la merde ».
**Dont votre serviteur, et avec mention s’il vous plaît. Mais ceci est une autre histoire.
***A ce propos, de jeunes auteurs méconnus avaient estimé avec raison que « L’ascenseur est dans l’escalier ».
****Pour présenter l’émission, je ne peux que citer les noms des prodigieux Alain Delon, Michel Drucker, et Jean-Pierre Pernaut. Nous avions même sondé les cas d’André Malraux, Georges marchais, et Sacha Guitry, mais ils n’ont pas donné de nouvelles. Toutes ces personnes présentent un point commun : elles n’ont jamais eu leur bac. (alors que votre serviteur si, avec mention, mais c’est une autre histoire.)
